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VILLENEUVE-LOUBET

 

JADIS TERRE DE CAMPINGS

 
 
 

De cette époque dorée des campings, il ne reste quasiment que les clichés en noir et blanc. Immortels. Mais il y a aussi une poignée de Villeneuvois. Louis Premoli en fait partie. La bouille rieuse, les cheveux d'un blanc immaculé, ce septuagénaire se souvient comme si c'était hier de cette parcelle de 2 000 m², le camping l'Étape, où vivotaient une vingtaine de tentes et de caravanes pendant quinze longues années (dans les années soixante à soixante-dix). « Il y avait le strict minimum : des sanitaires et des toilettes. On devait avoir une douche pour vingt personnes. C'était à la bonne franquette », se marre cet habitant du bord de mer. Il se rappelle ces vagues d'étrangers, débarquant dans la commune, prisée pour son climat. Néerlandais, Allemands… « Et surtout les Belges ! ». Une autre époque, comme il se plaît à le répéter : « Les touristes jouaient aux boules, dansaient ensemble, allaient à la plage ensemble. Ils partageaient vraiment leurs vacances. Maintenant, en hôtel, les gens se disent à peine bonjour… »

 
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Louis Premoli et son fils Philippe, président de l'office de tourisme de Villeneuve-Loubet et propriétaire de l'hôtel l'Etape.

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Louis Premoli et son fils Philippe, président de l'office de tourisme de Villeneuve-Loubet et propriétaire de l'hôtel l'Etape.

 

Autre changement générationnel : les autorisations. « Moins strictes dans les années soixante, avoue Louis Premoli. Tout était permis. On fermait les yeux… Il n'y avait pas d'arrêtés préfectoraux, pas d'assurances. C'est à partir des années soixante-dix que la réglementation a changé. Il y avait une volonté politique de faire autre chose que des campings. Surtout sur le bord de mer. »

Avant, le bord de mer villeneuvois était quasiment vierge de béton. Encore préservé. Les colossales vagues de Marina-Baie-des-Anges ne s'étaient pas encore greffées au paysage. Avant, les campings étaient légions sur ce littoral, si chéri par les touristes.

Mais ça, c'était avant. Dans les années cinquante à soixante-dix.

Peu de Villeneuvois se souviennent avec fidélité de cette période euphorique d'après-guerre. La troisième semaine des congés payés en 1956. La mythique RN7, prise d'assaut en été. Ces campings qui fleurissaient ici et là sur des parcelles privées. « On a compté jusqu'à une trentaine de campings sur la commune dans ces décennies-là », se souvient Paul Tremellat. « La Mémoire de Villeneuve », comme beaucoup le surnomme, tourne délicatement les pages de ses albums photos. Des clichés en noir et blanc. Des cartes postales en couleurs. Des documents authentiques retraçant, dans une exposition, l'histoire de sa ville. Et de ces dizaines de campings privés qui flirtent les uns avec les autres.

« Ils étaient quasiment tous en bord de mer : le Sporting plage, la Vieille ferme, le Camping Loubet, le Savoy, l'Altitude zéro…, énumère l'octogénaire, natif de Marseille. Il y en avait au village mais très peu. Le camping municipal était à la place de l'actuelle école Saint-Georges. Regardez cette photo de famille ! »

 
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La grande « famille » du camping municipal de Villeneuve-Loubet à la fin des années cinquantes.

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La grande « famille » du camping municipal de Villeneuve-Loubet à la fin des années cinquantes.

 

Les conditions sont alors spartiates. Des tentes à même le sol, quelques sanitaires et toilettes. Puis débarquent petit à petit les caravanes et bien plus tard, les camping-cars.
« Ah c'est sûr, que ce n'était pas les cinq-étoiles de maintenant », rigole Paul Tremellat.

Mais les touristes privilégient ce mode de vie. Pas besoin de bling-bling pour profiter des douceurs de la Côte d'Azur. Et consommer ! « Les campeurs achetaient sur place. Le petit commerce en a largement profité. Et ça créait du travail ! »

Mais comme toute période dorée, le déclin se fait sentir à la fin des années soixante et au début des années soixante-dix. Le béton a raison des petits propriétaires de campings. « Beaucoup ont vendu leurs terres pour faire construire », raconte Philippe Premoli, président de l'office de tourisme.
Sans parler de la construction de l'imposante Marina-Baie-des-Anges qui a fait disparaître à elle seule trois campings : la Bohème, la Mer et l'Amirauté.

Mais cet ensemble architectural n'est pas la principale cause de cette régression des emplacements de campings, selon Philippe Premoli et son père, Louis. Loin de là. L'hôtellerie est aussi venue mettre son grain de sable. « Petit à petit, les vacanciers ont cherché plus de confort durant leur séjour. Les hôtels ont remplacé certains campings. » Sans parler de la réglementation. Plus stricte.
« Dans les années soixante-dix, sur le bord de mer, il était interdit de créer un camping. Plus aucune permission n'était délivrée, à part pour ceux déjà existants qui avaient une permission définitive. »

Aujourd'hui, cinq campings subsistent à Villeneuve.